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La papauté s’apprête à reconquérir l’Angleterre

Source : http://www.bereanbeacon.org/articles_french/La_papaute_s_apprete_a_reconquerir_I_Angleterre.pdf
Transmis par Liliane Fleurian le 06/09/2010

  Richard Bennett Former Roman Catholic Priest

Le fruit des travaux de John Henry Newman

Richard Bennett

 

Quatre cent soixante-dix-sept années ont passé depuis qu’en 1533 le roi Henry VIII  divorça d’avec sa première épouse, la catholique espagnole Catherine d’Aragon, afin d’épouser Anne Boleyn.  Jean-Henri Merle d’Aubigné, cet historien respecté, décrit le contexte de ce divorce :

« Il avait fallu à la papauté tout le septième siècle pour conquérir la Grande-Bretagne chrétienne… La lutte que la Grande-Bretagne dut soutenir plus tard pour se libérer du pouvoir qui l’asservissait depuis neuf siècles fut l’œuvre positive de la Réforme, c’est-à-dire la remise en lumière de la vérité et de la vie si longtemps obscurcies… L’œuvre négative de la Réforme, sa lutte avec la papauté, n’est pas centrée sur ce divorce, qui fournit seulement une occasion : ce fut l’instauration même de cette opposition, avec ses conséquences capitales. Le divorce entre Henri Tudor et Catherine d’Aragon est secondaire, mais le divorce entre l’Angleterre et la papauté fut un événement de première importance, une des grandes lignes de partage des eaux de l’histoire… » (1).

Henri VIII voulait une église qui lui accorderait le divorce désiré. Il voulait aussi la liberté financière vis-à-vis de l’Église romaine. Cependant, en 1529 le cardinal catholique Wolsey disposait de pouvoirs étendus en Angleterre, allant jusqu’à défier le roi Henry VIII lui-même. Aussi le roi conçut-il le projet de libérer le clergé de l’autorité papale pour le ramener sous l’autorité royale. Cela ne pouvait se faire par un simple décret royal, en raison de principes constitutionnels déjà établis. Le clergé devait donc s’affranchir lui-même de son asservissement à la Rome papale (2).  Providentiellement, William Tyndale venait de terminer sa traduction anglaise du Nouveau Testament : dès 1526, des marchands allemands se chargèrent de la transporter d’Anvers jusqu’en Angleterre, où on la lisait avidement. L’Angleterre se préparait ainsi à rejeter le joug de la Rome papale pour rendre à Dieu un culte conforme à la liberté biblique.

 

            Malgré la rupture politique entre Henry VIII et la Rome papale, le roi adhérait encore aux doctrines catholiques romaines. Il comprit cependant qu’il pouvait utiliser à ses propres fins politiques ce mouvement de la Réforme qui prenait de l’ampleur. Si les vérités bibliques qui fondent la Réforme atteignaient, dans une certaine mesure, toutes les couches de la société, le clergé lui-même pourrait se détacher des dogmes de Rome, et donc du contrôle papal. Mais Henry VIII n’entendait pas affranchir le clergé anglais du contrôle qu’il exerçait lui-même en tant que souverain de son pays.

 

            Par la suite, Henry VIII nomma Thomas Cranmer Archevêque de Cantorbéry, c'est-à-dire primat d’Angleterre (3). Cranmer fut le principal rédacteur de la confession de foi de l’Église anglicane, « Les Trente-neuf Articles », qui véhiculent une doctrine solidement chrétienne. Ces articles furent diffusés peu après la mort d’Henry VIII (4). L’assemblée épiscopale de l’Église d’Angleterre les ratifia une première fois en 1553, puis de manière plus formelle en 1562. Ces articles affirment qu’en matière de salut, l’autorité suprême appartient à la Bible seule ; ils définissent clairement le salut comme un don de Dieu accordé par la grâce seule, reçu par la foi seule, en Christ seul. Ces Trente-neuf Articles récusent donc les doctrines et les pratiques de l’Église catholique.

 

            Constamment, depuis le jour où Henry VIII mit fin à l’asservissement de l’Angleterre au pape, le Vatican a cherché à saper l’influence religieuse et politique de l’Église d’Angleterre et du monarque du Royaume-Uni. La visite que le Pape se propose de faire en septembre 2010 est dans le droit fil de cette politique vaticane séculaire. En décidant de béatifier John Henry Newman au cours de cette visite, ce qui est une démarche parfaitement typique du catholicisme romain, le pape Benoît XVI monte une offensive pour démontrer au monde entier que le Royaume-Uni revient sous le joug catholique romain. Le pape serait alors en position de force pour influencer la politique sociale du Royaume-Uni, et pour utiliser le gouvernement civil du pays afin d’imposer à la population entière, par le biais de lois civiles, la politique sociale catholique romaine.

 

La réémergence du « Saint Empire Romain »

Avec en toile de fond la réémergence du « Saint Empire Romain », cette lutte presque cinq fois séculaire entre l’Angleterre protestante et la papauté demeure une réalité. Il y a un peu plus de deux siècles, en 1798, un général de l’armée napoléonienne fit descendre le pape de son trône romain, confisqua les biens de l’Église catholique, laissant le « Saint Empire romain » se débattre au milieu des ruines. Mais malgré les apparences, la papauté elle-même n’avait pas été définitivement détruite en tant que puissance religieuse et civile ; elle passa une bonne partie du dix-neuvième et du vingtième siècle à reconquérir le terrain perdu.

 

            Le premier décembre 2009, le Traité de Lisbonne entra en vigueur dans l’Union européenne. Ce traité est un pas de plus vers la centralisation du pouvoir civil dans l’U. E. Une de ses principales caractéristiques est de faire de l’Union une « personne morale unique » (5). Dans une large mesure, donc, cette modification contrecarre la souveraineté des états membres et les intègre comme états ou régions dans une entité légale nouvelle, sans que l’appellation « Union européenne » ait été modifiée en quoi que ce soit.

 

L’Empire refait surface, doté d’un pape

Le Saint-Siège étant une nation souveraine à part entière, et n’étant pas membre de l’Union européenne, il échappe au pouvoir juridique de cette Union. Mais en tant que chef de l’Église catholique romaine, le pape dispose d’une cinquième colonne extrêmement fiable au sein des nations membres de l’Union européenne. Le Saint Empire Romain refait donc surface, doté de son pape (6). Aux membres de cette cinquième colonne, dont le catholicisme constitue l’identité première, le Pape impose « d’évangéliser », c’est à dire de promouvoir la politique sociale catholique romaine. Ainsi, dans le cadre de l’Union européenne, la papauté dispose-t-elle d’un pouvoir politique et spirituel immense.

 

            Le Traité de Lisbonne étant à présent en vigueur, la papauté est de nouveau très en vue en tant que puissance de cohésion politico-religieuse : elle a maintenant l’occasion d’affirmer sa position sur la scène en Occident. Moins de quatre mois après la ratification de ce traité, le 16 mars 2010, la reine Elizabeth II annonça au Royaume-Uni : « Sur l’invitation de Sa Majesté la reine, Sa Sainteté le pape Benoît XVI effectuera une visite papale au Royaume-Uni du 16 au 19 septembre 2010… » (7). Le site Internet catholique Zenit fournit quelques détails supplémentaires : 

« Benoît XVI effectuera sa visite du 16 au 19 septembre. Les responsables gouvernementaux et ecclésiastiques saluent à l’avance sa venue. Au cours d’une conférence de presse commune, les autorités de l’état, en même temps que les représentants des évêques d’Écosse, d’Angleterre et du pays de Galles ont fait ressortir que la visite du pape est ‘une occasion sans précédent de resserrer les liens entre le Royaume-Uni et le Saint-Siège à propos des initiatives planétaires concernant le rôle essentiel de la foi dans l’établissement de sociétés robustes.’ Un communiqué de presse de l’ambassade britannique auprès du Saint-Siège signale qu’il s’agit de la toute première visite papale officielle au Royaume-Uni, le voyage du pape Jean-Paul II ayant été une simple visite pastorale. Le Pontife… s’adressera aux civils britanniques à Westminster Hall [c'est-à-dire devant le Parlement britannique.] » (8).

 

Voila donc qu’aujourd’hui, 477 ans après le début du conflit déclenché par Henry VIII, le pape fait une visite officielle en tant que chef d’un état civil souverain, pour prendre la parole devant la société civile britannique, devant la Chambre des Communes aussi bien que devant la Chambre des Lords à Westminster Hall. En même temps, il faut noter qu’il vient comme chef de l’Église catholique romaine, pour restaurer le catholicisme romain en tant que religion du Royaume-Uni.

 

            Très habilement, le pape Benoît XVI a choisi d’utiliser la béatification de John Henry Newman pour promouvoir son contrôle religieux et politique sur l’Église d’Angleterre. Cet objectif est indéniable, pour peu qu’on étudie les faits concernant John Henry Newman et le « Mouvement d’Oxford ». De plus, on trouve une confirmation dans l’histoire de la doctrine sociale catholique telle qu’elle apparaît dans le « Compendium de la Doctrine Sociale de l’Église », document émanant du Vatican ; on en trouve une aussi dans les documents du Concile Vatican II sur l’œcuménisme, et dans bien d’autres accords faussement œcuméniques, postérieurs à Vatican II. De plus, en juin 2009, le pape a préconisé une structure supra gouvernementale chapeautant les Nations Unies, afin d’imposer au plan mondial la politique sociale des Nations unies, c’est-à-dire, pour l’essentiel, la politique sociale de l’Église catholique (9).

 

Le pape doit se rendre d’abord en Écosse

Ce n’est pas non plus un hasard si cette visite intervient exactement 450 ans après que l’Écosse ait répudié le catholicisme en tant que religion d’état, en refusant formellement l’autorité papale (10). Mais le quotidien national écossais, « The Scotsman », déclare : « Les responsables d’église déclarent que le pape profitera de sa visite pour rappeler à la Grande-Bretagne ses racines catholiques » (11). Le 450e anniversaire de l’abolition du pouvoir papal en Écosse sera donc déshonoré  par un pape qui entend rappeler à la Grande-Bretagne « ses racines catholiques ». En réalité, l’histoire atteste que les racines de l’Écosse sont authentiquement bibliques, et qu’elles sont dues à Columba. En 563, ce dernier fonda sur l’île d’Iona une église et un centre destiné à former des responsables pour annoncer l’Évangile dans le pays.

 

La scène mondiale s’apprête à accueillir le Pontife

John Henry Newman a donc une place centrale dans ces célébrations destinées à enchanter le monde entier, qui aura sous les yeux la Rome papale, avec sa pompe et son faste dans toute leur gloire. Le point culminant des cérémonies télévisées sera la messe publique au cours de laquelle le pape béatifiera John Henry Newman. C’est le deuxième stade du processus de canonisation du cardinal anglais, c'est-à-dire de son acheminement vers la « sainteté » : Newman sera déclaré « bienheureux ». En 1991 il avait été déclaré « vénérable » : c’était là la première étape de la canonisation catholique. Il est coutumier de procéder à la béatification dans le pays même du « bienheureux ».

            Toutefois, Benoît XVI tient personnellement à mettre l’accent sur les enseignements de Newman, qui au fil des ans sont devenus le fondement du faux œcuménisme prôné par le Vatican. La « reformulation de la doctrine » selon Newman, et son enseignement sur « la révélation continue » connaissent un grand succès. Le pape Benoît XVI appelle cela « l’herméneutique de la continuité », et il l’explique en ces termes : « Bref, il convient moins de suivre les textes [de Vatican II] que l’esprit de ce Concile. Bien évidemment, on dispose d’une vaste marge de manœuvre pour parvenir à une définition de cet esprit, et il y a place pour toutes les idées » (12)  Le concept défini par Newman d’une « révélation continue » donne donc au pape une grande liberté d’interprétation, y compris pour les documents du Concile de Vatican II. Il est extrêmement dangereux de s’attribuer pareille marge de manœuvre quand il s’agit d’interpréter la Bible et l’histoire. Ce concept s’avéra particulièrement opportun pour ceux que durent formuler les « Accords » de la « Commission Internationale Catholique-Anglicane » (ARCIC) (13). Cette entreprise faussement œcuménique a déjà remporté bien des succès : de nombreux prêtres anglicans, avec des membres de leur Église, sont dès maintenant soumis à la Rome papale. En élevant Newman à la condition de « bienheureux », le pape va bien plus loin encore. En ce 21e siècle, il déploie de grands efforts pour ramener enfin l’Angleterre protestante dans le bercail catholique romain. C’est le fruit de l’œuvre entreprise par Newman lui-même vers le milieu du dix-neuvième siècle.

 

Qui était John Henry Newman ?

Certains se demandent : « Qui donc était John Henry Newman, et d’où tire-t-il son importance ? » Le directeur des « Logiciels Bibliques Logos » répond en ces termes :

« Depuis sa jeunesse évangélique jusqu’au moment où il devint le chef de file du mouvement anglo-catholique d’Oxford, la carrière et l’héritage de John Henry Newman se signalent par leur éclat et suscitent des controverses. Engagé dans des mouvements libéraux, évangéliques et catholiques au sein de l’Église d’Angleterre de son temps, il est une figure centrale, une figure-clé pour la compréhension de ce qu’est la ‘Communion Anglicane’ actuelle » (14).

 

            John Henry Newman naquit à Londres en 1801. Dans le cadre de l’anglicanisme, la famille Newman gardait des liens étroits avec la foi biblique, cette foi qui influença considérablement les convictions religieuses du jeune Newman. À l’automne de l’année 1816, il semble être passé par une conversion religieuse. Ses convictions à cette époque étaient réformées et évangéliques ; signalons qu’il considérait alors le pape comme l’Antichrist.  En décembre 1816, on le reçut à Trinity College, un collège universitaire d’Oxford. À partir de juin 1817, il résida à Trinity, terminant ses études en 1821.

            Comme il désirait rester à Oxford, il fit des études pour y enseigner au Collège universitaire d’Oriel, alors le haut lieu de l’élite intellectuelle oxonienne. Il y fut élu  professeur en avril 1822.  Sur proposition de E.B. Pusey, lui aussi professeur à Oriel, il devint vicaire de la paroisse anglicane de St. Clément à Oxford. Dans ses sermons d’alors, il distinguait comme il se doit entre justification et régénération. Cependant, dès 1825, il se mit à nier le concept biblique de justification, acceptant progressivement l’idée non biblique d’une justice intérieurement conférée ; il penchait vers le sacramentalisme. Cette année-là, il écrivit dans son journal : « Je pense, sans en être certain, que je dois renoncer à la doctrine de la justice imputée, et à celle d’une régénération indépendante du baptême » (15).

 

            En 1833, Newman était entièrement gagné à l’acceptation de ce qu’il pensait être l’héritage catholique romain de l’Église anglicane, y compris du dogme papal de la justification infusée et de la régénération baptismale. L’historien anglican Walter Walsh relate les conséquences dans la correspondance entre Richard H. Froude et Newman :

« Le Cardinal Newman faisait toujours remonter au 14 juillet le début du ‘mouvement religieux de 1833’. Quelques mois avant cette date, Newman voyageait en Europe avec son ami Richard Hurrell Froude.  À Rome, ils rendirent visite à Mgr. Wiseman [le futur Cardinal Wiseman]. Froude écrit : ‘Nous nous fîmes présenter à lui… pour demander si on nous admettrait [dans l'Église catholique romaine] dans des conditions que nous pourrions forcer notre conscience à accepter. Nous fûmes atterrés d'apprendre que nous ne pourrions pas faire un seul pas sans adhérer à la totalité des Décrets du Concile de Trente’ (extrait de Froude's Remains, Vol. 1, p. 306).  Au cours de ce voyage Newman tomba gravement malade, avec une forte fièvre.  Il relate les faits suivants : ‘Affaibli, je m'assis sur mon lit, secoué de sanglots violents.  Mon serviteur, qui m'avait servi d'infirmier, me demanda ce que j'avais. Je ne pus donner que cette seule réponse : Une tâche m'attend en Angleterre’ (Newman, Apologia Pro Vita Sua, p. 35, édition de 1889).  Nous savons bien à présent quelle était la nature de cette tâche : il s'agissait de ramener au catholicisme romain l'Église d'Angleterre » (16).

 

La romanisation de l’Église d’Angleterre

À Oxford, Newman se joignit à d’autres érudits de la « Haute Église », entre autres John Keble, Froude, William Palmer, et E.B. Pusey, pour former une société secrète, au nom de laquelle Newman se mit à publier de nombreux tracts, diffusant efficacement son message. Ce premier groupe fut connu sous le nom de « Mouvement d’Oxford », ou encore de « Mouvement ritualiste ». Walsh révèle les buts du Mouvement d’Oxford en puisant sa documentation dans la « Union Review », un des principaux magazines trimestriels du mouvement.

« Le grand objectif du Mouvement Ritualiste dès sa naissance en 1833, était de former un jour un seul corps avec l’Église de Rome… Dès 1867, une publication trimestrielle des ritualistes ‘de pointe’ déclarait que plutôt que de faire sécession pour rejoindre Rome, ‘il vaut bien mieux que nous œuvrions là où nous sommes : que deviendrait l’Angleterre si nous [les Ritualistes] quittions son Église ? Elle serait alors perdue pour le catholicisme. Une chose est sûre : grâce à l’Église d’Angleterre elle-même, on peut catholiciser l’Angleterre.’ » (17).

Dans le même article, on lisait au sujet de cette unité organique et visible avec l’Église de Rome :

« Là résident le cœur et l’âme même du Mouvement actuel : c’est là que bat son cœur, de là qu’est issue sa substance vitale » (18).

 

            Les Documents du Concile Vatican II et le « Compendium de la Doctrine Sociale de l’Église » émanant du Vatican insistent sur ce même but, « l’unité organique et visible ». La stratégie employée en Amérique diffère quelque peu de celle qui fut initialement déployée dans l’Église d’Angleterre (19), mais le faux œcuménisme proclamé par Vatican II dans les années 1960 va bien dans le même sens : celui de « l’unité organique et visible » (20). Tel est l’objectif qui se profile derrière les propos du Vatican quant au but de la future visite papale en Angleterre : « une occasion sans précédent de resserrer les liens entre le Saint-Siège… concernant le rôle essentiel de la foi dans l’établissement de sociétés robustes [c'est-à-dire d’églises] ».

 

            Pendant bon nombre d’années, Newman resta dans l’Église d’Angleterre. Son plan était de la transformer insensiblement, tout d’abord en évitant de faire connaître aux paroissiens les grandes vérités scripturaires concernant l’expiation des péchés, la foi et les œuvres, et la gratuité de la grâce de Dieu. Pour remplacer ces vérités, Newman et ses compagnons d’œuvre se mirent tout doucement à introduire des dogmes romains fondés sur les rituels, au lieu d’enseigner les grandes vérités bibliques de la foi en se fondant sur les Écritures seules (21). À cause des intrigues furtives auxquelles se livrèrent Newman et ses associés pour parvenir à leurs buts, il est juste de les qualifier de « loups en vêtements de brebis ».

 

Newman pervertit l’Évangile

Dans son ouvrage « Conférences sur la doctrine de la justification », paru en 1838, Newman explique sa conception de l’Évangile. Il anticipe les idées qu’on retrouvera dans le dialogue œcuménique actuel, du vingtième siècle à nos jours : il fait un amalgame entre la position catholique et la position biblique. L’enseignement de Newman déforme et sape indéniablement la vérité centrale, selon laquelle la justice de Dieu qui est dans le Christ Jésus est imputée au chrétien, c'est-à-dire portée à son crédit. Dans ces « Conférences », Newman enseigne ce que le Jésuite Sheridan appelle « une synthèse de la justification et de la régénération » (22). Telle est la marque distinctive du « Newman deuxième manière », qui niait ce qu’il avait professé auparavant. Dans ses « Conférences sur la Justification », on lit : « La Loi gravée sur notre cœur, c'est-à-dire le renouvellement spirituel, voilà ce qui nous justifie » (23).  L’Écriture Sainte, sous la plume de l’apôtre Paul, affirme l’inverse : « Car personne ne sera justifié devant lui [Dieu] par les œuvres de la loi, puisque c’est par la loi que vient la connaissance du péché » (Romains 3:20). Par sa nature même, la Loi nous convainc de péché et nous condamne : jamais elle ne peut nous justifier. Martin Luther découvrit que cette doctrine est au cœur même de l’Évangile ; la Réforme allait le confirmer.

            Newman avait bien conscience du caractère forensique de la justification, connaissant les Écritures Saintes en grec et en hébreu.  Le message apostolique du Nouveau Testament est que Jésus-Christ est mort pour nos péchés, ayant été « fait malédiction pour nous » (Galates 3:13), et ayant « souffert… pour les injustes » (1 Pierre 3:18). Comme le déclarent les Écritures, « Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, et n’imputant point aux hommes leurs offenses… Celui qui n’a point connu le péché [Christ], il l’a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu ». Par imputation, Dieu a mis nos péchés sur Christ ; le juste a souffert pour les injustes. « Il a été mis au nombre des malfaiteurs » (Esaïe 53:12). C’est ainsi que Christ a été fait « péché pour nous ». Il n’y avait rien en lui qui méritât la mort. Mais ayant été fait péché par imputation, il fut condamné par le juste jugement de Dieu. En ce sens-là, il était juste et bon que Christ supportât la colère de Dieu. Il a dû être traité comme s’il avait été un pécheur.

            Dieu nous applique le même principe. Il porte au crédit du pécheur croyant la justice de Christ. Il déclare ce pécheur juste et bon en lui imputant la parfaite justice de Christ, comme le proclament ces paroles prodigieuses de l’apôtre : « ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ » (Romains 3:24).

            Newman avait conscience du poids de cet argument biblique ; il n’était pas disposé à le réfuter, comme de nombreux érudits catholiques avant lui avaient vainement tenté de le faire. Il affirma néanmoins que « être justifié » signifie « être rendu juste », et non « recevoir une justice imputée par Dieu ». Sur ce point crucial, Newman réalisa (en apparence) une brillante synthèse entre les Écritures et l’enseignement catholique romain.

 

Newman fabrique un outil à l’usage de la papauté  

Newman pensait avoir trouvé une « voie moyenne », qu’il appelait une « via media » entre le dogme papal et les Écritures. Selon sa « doctrine reformulée », la justification et la création sont de nature identique. Il enseignait que comme au commencement, Dieu avait dit : « Que la lumière soit, et la lumière fut », de même que la Parole de Dieu et l’œuvre de Dieu allaient de pair lors de la création, tout se passe à nouveau de la même manière dans la régénération (24). Un tel enseignement paraît avoir « l’apparence de la piété » (2 Timothée 3:5), mais il est faux, parce qu’il nie les nombreuses déclarations bibliques au sujet de la justice imputée (25). Lors de la justification, Dieu ne crée pas une substance qu’on pourrait appeler « justice » : non, il impute la justice de son Fils, « sans les œuvres ». Romains 4:6 « exprime le bonheur de l’homme à qui Dieu impute la justice sans les œuvres. »  Une déclaration divine est un verdict, et non un processus.

 

            Cette subtile duperie théologique de Newman ouvre la voie pour que les fidèles comptent sur les sacrements de Rome afin d’être remplis de justice, comme s’il pouvait y avoir là une sorte de station-service où les âmes iraient faire le plein de la grâce. Cette mise en parallèle de la création et de la justification revient à enseigner que la justification confère une justice subjective. Elle viole donc la Parole divine écrite et infaillible ; elle n’est rien de moins qu’une tromperie caractérisée.

 

Newman, l’homme de la situation pour la reconquête de l’Angleterre

En 1840, Newman était encore prêtre de l’Église anglicane ; auparavant on l’avait soupçonné de faire la promotion du catholicisme, mais le soupçon devint une quasi-certitude le jour où il  publia son célèbre « Tract N° 90 ». À coups de sophismes et de casuistique, il soutenait que les Trente-neuf Articles (qui affirment la position biblique de l’Église anglicane sur le salut) étaient compatibles avec les doctrines et les dogmes de l’Église de Rome. Bien que ces Trente-neuf Articles récusent les enseignements et les pratiques de l’Église catholique (26), ce tract sapait avec beaucoup d’habileté et de subtilité l’identité protestante de cette confession de foi historique de l’Église d’Angleterre. Par exemple dans la cinquième partie de la conclusion de Newman, on lit :

« Ils affirment que l’Église a autorité en cas de controverse, mais ils ne précisent pas quelle est cette autorité. Ils affirment qu’elle ne peut rien imposer qui aille au-delà des Écritures, mais ils ne disent pas en quoi consiste le remède si elle le fait. Ils disent que les œuvres accomplies antérieurement à la grâce et à la justification sont sans valeur et même pire encore, et que les œuvres postérieures à la grâce et à la justification sont acceptables, mais ils ne disent rien des œuvres accomplies avec l’aide DE DIEU antérieurement à la justification (27) ».

Ces raisonnements fallacieux contrecarrent le principe même de l’autorité des Écritures, et encouragent assurément les ratiocinations au sujet de la Bible. La parution du Tract N° 90 manifesta clairement que Newman s’était engagé à défendre la doctrine de la papauté. Il fut accueilli officiellement dans l’Église catholique romaine en 1845, et il y reçut l’ordination sacerdotale un an plus tard.

 

            C’est ainsi qu’au dix-neuvième siècle, la papauté vit en John Henry Newman l’homme de la situation pour subvertir l’Église d’Angleterre en amenant celle-ci au catholicisme, et pour instruire le développement d’un plan destiné à refaire de l’Angleterre une nation catholique (28). Certains diront peut-être que ce sont là les échos d’un lointain passé, des conflits largement périmés. Il ne faut cependant jamais oublier que le Vatican raisonne en termes de siècles. Benoît XVI, cet habile politicien, sait fort bien que l’Angleterre a perdu son statut d’état souverain en décembre 2009 quand le Traité de Lisbonne est entré en vigueur. Il ne faut donc pas nous étonner de ce que la deuxième étape dans la canonisation de Newman, la « béatification » ait dû attendre jusqu’à aujourd’hui.

 

Conclusion

L’habile stratégie du pape Benoît XVI, ce chef d’état, reste sans valeur devant le Seigneur Dieu Tout-puissant. Soyons sincèrement reconnaissants de ce que dans sa sagesse infinie, le Seigneur Dieu assigne une limite aux intrigues de la Rome papale. Celle-ci sera châtiée pour avoir continûment rejeté la Seigneurie de Christ. Pour l’heure, le peuple du Seigneur n’a pas à se laisser séduire par le spectacle attrayant qui sera offert au monde en Septembre 2010.

 

            Nous savons tous que nous vivons en des jours difficiles, en des temps d’apostasie. Dans une situation comparable,  au dix-neuvième siècle, J. C. Ryle encourageait les chrétiens du Royaume-Uni à rester forts et à se garder des compromis. Il déclarait :

« La voilà, l’Église qui accomplit l’œuvre de Christ sur la terre. Ses membres ne sont pas nombreux, ils ne forment qu’un petit troupeau : un ou deux ici, deux ou trois là, quelques-uns dans cette région, et quelques autres ailleurs. Mais ce sont eux qui ébranlent l’univers. Ils infléchissent le cours des royaumes par leurs prières ; ce sont eux qui répandent activement la connaissance de la religion pure et sans tache ; ils sont le sang qui nourrit le pays, le bouclier, la défense, l’appui et le soutien de toute nation dont ils font partie. »

 

Ainsi le peuple de Dieu combat « pour la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes » (Jude 3), sachant que « tout ce qui est né de Dieu triomphe du monde ; et la victoire qui triomphe du monde, c’est notre foi » (1 Jean 5:4).

 

 

Notes :

 

  1. Jean-Henri Merle d’Aubigné, « The Reformation in England » [La Réforme en Angleterre] 2 vols. Éditions Banner of Truth, 1962, Vol. I, pp. 337-8.
  2. Pour plus de détails, voir d’Aubigné, Vol. II, pp. 55-56.
  3. Le divorce proprement dit entre l’Angleterre et la papauté romaine fut consommé au prix du sang de nombreux martyrs (dont Thomas Cranmer), ces serviteurs de Jésus-Christ qui obéirent aux Écritures.
  4. Ces événements eurent lieu pendant le court règne du roi Édouard VI.
  5. Voir  http://eu/lisbon_treaty/glance/index_en.htm
  6. Voir dans la rubrique française du site « Berean Beacon » l’article : http://www.bereanbeacon.org/articles_french/La_Rome_papale_et_l%60Union_Europ%E9enne.pdf
  7. www.royal.gov.uk  accédé le 8/04/2010
  8. Voir http://www.zenit.org/index.php?l=english accédé le 22/03/2010
  9.  Voir sous la rubrique française du site « Berean Beacon » l’article : « Le programme politique, économique, et religieux du pape à l’échelle mondiale »  http://www.bereanbeacon.org/articles_french/Le_programme_politique_du_pape.pdf
  10. En août 1560, les forces françaises avaient été chassées d’Écosse grâce à une aide en provenance de l’Angleterre, et la régente était décédée. Le Parlement écossais libéré put alors se réunir pour abolir formellement le pouvoir papal en Écosse. http://www.reformation-scotland.org.uk/articles/john-knox-and-scottish-reformation.php
  11. Le 17 mars 2010 : http://news.scotsman.com/glasgow/Holyrood-to-play--.6157450.jp
  12. http://adoremus.org/1107BXVI_122205.html  accédé le 9/06/2010
  13. La Commission Internationale Anglicane-Catholique fut mise en place par l’archevêque de Cantorbéry Michael Ramsey et le pape Paul VI en 1967. Ses références furent établies par le « Rapport de Malte » un an plus tard, et ses travaux s’étendent sur deux périodes : 1970-1981, et 1983-2003.
  14. www.facebook.com/note.php?note_id=338121888230  Accédé le 14/05/2010. caractères gras ajoutés.
  15. John Henry Newman, “Autobiographical Writings”, p. 203.
  16. Walter Walsh, “The Secret History of the Oxford Movement”, 4e edition, Swan Sonnenschein et Cie, Londres, 1898, p. 263. Italiques dans l’original.
  17. Ibid. Walsh, pp. 260-261
  18. Ibid. Walsh, p. 261. Italiques dans l’original.
  19. Consulter dans notre rubrique française les articles sur le faux œcuménisme.
  20. Déclaration tirée du Document N° 42 des Documents post-conciliaires de Vatican II : « Réflexions et suggestions concernant le dialogue œcuménique ». Ce document déclare : « le dialogue n'est pas une fin en soi…  le dialogue œcuménique ne se limite pas au plan théorique et purement conceptuel.  Au contraire, ‘il sert à transformer les modes de pensée, les comportements, et la vie quotidienne de ces communautés [non catholiques].  Il prépare ainsi la voie vers leur unité dans la foi au sein de l’Église une et visible’ ».
  21. Walsh, pp. 3-10.
  22. Thomas L. Sheridan, “Newman on Justification”, Éditions. Alba House, 1967, p. 108.
  23. Newman, “Lectures on Justification” p. 45.
  24. Ibid., p. 81.
  25. L’apôtre Paul, par exemple, enseigne le concept d’imputation onze fois rien que dans le chapitre 4 de son Épître aux Romains.
  26. Par exemple, ces Articles récusent l’enseignement catholique au sujet de la transsubstantiation (Art. 28), et du caractère sacrificiel de la messe (Art. 31). Ils commandent que l’on distribue à la fois le pain et le vin à tous les participants du repas du Seigneur (Art. 30) et précisent que les ministres du culte peuvent se marier (Art. 32)
  27. http://anglicanhistory.org/tracts/tract90/conclusion.html  Accédé le 16/01/2010
  28. Pour des informations détaillées sur ce plan et sur sa mise en oeuvre au cours du 19e siècle, voir Walsh, « Secret History of the Oxford Movement ».

Richard Bennett, Association “Berean Beacon”, http://www.bereanbeacon.org/

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