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APOSTASIE ADVENTISTE

L�Eglise adventiste francophone face  au gnosticisme

 

par Freddy  Koopmans

Gen�ve � mai 2007
[email protected]

� Table des mati�res

Introduction

C'est par l�Ecriture que les chr�tiens ont appris que l�univers a eu un commencement [Gen. 1 : 1] et qu�il finira par se dissoudre [Matth. 24 : 35 ; 2 Pierre 3 : 10-11]. Cette information constitue pour eux un article de foi.

La science, qui ne voulait pas de ce sch�ma-l�, a longtemps affirm� que l�univers est �ternel. Ce faisant, elle se ralliait au postulat de la philosophie grecque sur le sujet.
Mais au cours du XXe si�cle elle a d� progressivement d�poser les armes devant la d�couverte de ph�nom�nes mesurables qui ne s�expliquent que par l�hypoth�se du Big Bang, le point d�origine du temps, de l�espace et de la mati�re.
Ce qui est moins connu des croyants, c�est un autre d�fi � leur foi, bien plus subtil et dangereux que l�ath�isme pr�tendument scientifique. Il s�agit d�une pens�e tr�s ancienne, que l�Eglise des premiers si�cles de l��re chr�tienne avait d�j� eu � combattre.
Cette philosophie aux mille variantes a tent� � maintes reprises de parasiter la foi re�ue de nos p�res.
Elle proclame que les �tres humains sont issus du sein m�me de la divinit�, et qu�ils sont des incarnations de Dieu ici-bas. La pr�dication de ce mensonge flatteur n�a h�las pas �pargn� l�Eglise adventiste francophone.              

I
La cr�ation ex nihilo

L'une des grandes professions de foi, commune � pratiquement tous les chr�tiens, qu�ils soient catholiques, protestants ou adventistes, est bien celle qui proclame la cr�ation ex nihilo. En g�n�ral, les adventistes �vitent de recourir au latin, mais pour bien souligner qu�en l�occurrence leur foi ne diff�re pas de celle des autres Eglises ils affirment officiellement :

 La parole a cr�� ex nihilo, sans d�pendre d�une mati�re pr�existante.[1]

Ex nihilo signifie � partir de rien, � partir du non-�tre, du vide absolu, du non-existant, du n�ant. On peut pr�f�rer une traduction de l�expression latine plut�t qu�une autre, mais le sens demeure le m�me.

 Karl Barth (1886-1968) a consacr� de nombreuses pages au th�me de la cr�ation. Voici, condens�e en un paragraphe, l�expression de sa foi :   

[�] le monde est mais en tant que cr�ature. Il lui est permis d��tre � c�t� de Dieu, par Dieu. La r�alit� que Dieu lui conf�re repose sur une creatio ex nihilo, sur une cr�ation � partir du n�ant. Dieu fait surgir une r�alit� diff�rente de lui l� o� il n�y a rien, aucune mati�re premi�re. S�il y a un univers, si nous-m�mes nous existons par la seule op�ration de la gr�ce divine, nous ne pouvons pas oublier un seul instant qu�� l�origine de notre existence et de l�existence de l�univers, il y a non seulement une action mais une cr�ation de Dieu. Tout ce qui existe en dehors de Dieu reste constamment soustrait par lui au n�ant.[2]

 Saint Augustin (354-430) avait lui aussi longuement m�dit� le sujet de la cr�ation. Voici sa conclusion concernant le mat�riau utilis� par Dieu pour cr�er l�univers : 

Vous avez cr�� le ciel et la terre sans les tirer de votre substance : autrement il y aurait eu quelque chose d��gal � votre Fils unique, et � vous par cons�quent. [�] Or, en dehors de vous, il n�y avait rien dont vous eussiez pu les former, � Trinit� une, Unit� trine. Voil� pourquoi vous avez fait de rien le ciel et la terre (� de nihilo fecisti caelum et terram ï¿½) [�] [3]         

Le juda�sme est en parfaite harmonie sur ce sujet avec le christianisme. Le rabbin de Dijon, I.-M. Choucroun, d�clare, en utilisant l�expression latine : 

La Bible s�ouvre sur l�affirmation que Dieu, par Sa parole f�conde, tira le monde du n�ant (ex nihilo).[4] 

Les adventistes tirent toutes les cons�quences du texte de la Gen�se qui affirme : � Tu es poussi�re et tu retourneras � la poussi�re. ï¿½ [3 : 19.] Pour eux, il n�y a aucun �l�ment de nature divine en l�homme; celui-ci, issu du non-�tre comme le reste de la cr�ation, tombe en poussi�re � sa mort. Il n�y a pas de survie d�une entit� pr�tendument immortelle. Dieu seul est immortel, et seule une initiative de l�unique Eternel, au dernier jour, la r�surrection, ram�nera les morts � la vie. C�est d�ailleurs la position d��minents th�ologiens tels que Karl Barth, Oscar Culmann, Roland de Pury. 

Paul Ricoeur (1913-2005) a fait le bilan de la pens�e qui, de Saint Augustin � Karl Barth, a cherch� � comprendre le mal � partir du concept de cr�ation ex nihilo.  

[C�est la]  distance ontique entre le cr�ateur et la cr�ature qui permet de parler de la d�ficience du cr�� en tant que tel ; en vertu de cette d�ficience, il devient compr�hensible que des cr�atures dot�es de libre choix puissent � d�cliner ï¿½ loin de Dieu et � incliner ï¿½ vers ce qui a moins d��tre, vers le n�ant.[5]

 C�est par l�attrait du n�ant que l�on peut d�finir tous les nihilismes auto-destructeurs [6] qui ont affect� et affectent encore la soci�t� : vandalisme de casseurs, attentats-suicides, alcoolisme, drogues, auto-flagellations, litt�rature et arts gangren�s par la destruction du sens et des formes, cultures de la d�rision et de la d�r�liction, morbidit�s suicidaires, violences familiales, guerres civiles fratricides, cancers id�ologiques du IIIe Reich et de l�URSS, mao�sme et g�nocide culturel de la Chine, Khmers rouges et g�nocide du tiers de leur propre peuple, auto-immolation collective des membres de l�OTS, massacres entre chr�tiens autrefois, massacres entre musulmans aujourd�hui, etc. 

La Gen�se  [ch. 3]  r�v�le la radicale toxicit� du n�ant. L��poustouflante tentation s��vapore brutalement pour faire place au traumatisme insupportable de la nudit� originaire, que le Dieu de la gr�ce couvre d�un v�tement acquis au prix du sang vers�. Et pour rendre compte du serpent qui aura le temps d�inoculer son venin mortel au talon qui lui �crasera la t�te, Paul Ricoeur ajoute :  

[�] le n�ant, c�est ce que le Christ a vaincu en s�an�antissant lui-m�me dans la Croix.[7]

II
Le Big Bang : parall�le scientifique de la cr�ation ex nihilo ?
 

Contrairement aux philosophies de l�Antiquit�, la pens�e jud�o-chr�tienne a affirm� depuis longtemps que le temps n�est pas �ternel mais a commenc� par un instant z�ro. Par exemple, dans un livre consacr� � la notion de temps, Saint Augustin, un mill�naire et demi avant que ne soit formul�e la th�orie de la relativit�, avait d�j� conclu : 

Ce temps m�me, c��tait vous qui l�aviez fait, et nul temps n�a pu courir avant que vous eussiez fait le temps [�] avant le ciel et la terre il n�y avait pas de temps (� ante caelum et terram nullum erat tempus ï¿½) [�] [8] 

Il n�est donc probablement pas surprenant que ce soit un croyant, Georges Lema�tre (1894-1966), pr�tre catholique et professeur d�astronomie � l�Universit� de Louvain, qui, � partir de la th�orie de la relativit�, ait d�velopp� l�hypoth�se du Big Bang. Selon lui, cette explosion initiale s�est produite alors qu�il n�y avait ni temps, ni espace, ni mati�re pr�existante, et fut l��v�nement � partir duquel allait se d�ployer l�univers tel que nous le connaissons et contemplons. 

Georges Lema�tre traversa l�Atlantique pour rencontrer Albert Einstein. Celui-ci re�ut poliment le professeur belge en soutane et se laissa m�me photographier � ses c�t�s. Il se montra d�abord sceptique, mais plus tard il finit par se rallier au concept, qui, en fait, cadrait parfaitement avec ses propres hypoth�ses.  

La plupart des donn�es de l�observation (le d�calage spectral caus� par la fuite des galaxies; le rayonnement �lectromagn�tique r�siduel du cosmos � 2.7� Kelvin) vont dans le sens de la confirmation de l�apport de Georges Lema�tre � la connaissance.  

Il y eut de farouches r�sistances. Jusqu�� sa mort en 2001, le c�l�bre astrophy-sicien Fred Hoyle tenta, contre les �vidences, de prouver que l�univers est �ternel, sans commencement ni fin. C�est lui qui, d�un ton m�prisant, donna � l�explosion initiale le nom de Big Bang (en fran�ais : Gros Boum), pour se moquer du concept. Ce fut, h�las, sa seule contribution � cette formidable avanc�e de la science. La th�orie, bien que g�n�ralement accept�e, a donc encore toujours ses d�tracteurs. 

Le prix Nobel de physique 2006 vient de r�compenser John Mather et George Smoot pour leurs travaux qui ont renforc� le sc�nario du Big Bang. A l�aide d�un satellite mis � leur disposition, ils ont fait des recherches sur le bruit de fond cosmique, trace lointaine du premier instant de l�univers. 

III
La conception de la cr�ation dans la pens�e de Georges St�veny 

Georges Lema�tre �tait natif de Charleroi. Or, � 28 kilom�tres au nord de cette grande ville, un autre Wallon, �galement pr�nomm� Georges, vit le jour en 1923; il allait radicalement prendre le contre-pied de son illustre compatriote.
Son p�re, Hyacinthe St�veny, �tait devenu adventiste peu apr�s la Premi�re Guerre Mondiale. 

En 1946, Alfred Vaucher (1887-1993), professeur au S�minaire adventiste de Collonges-sous-Sal�ve, tomba malade et dut partir en convalescence au soleil d�Espagne. Avant de s�en aller, il proposa que Georges St�veny (1923-2004), le plus brillant de ses �tudiants, le remplace dans certains de ses cours. C�est ainsi que d�buta une remarquable carri�re de professeur de Bible, de pasteur et d��crivain.
Or, Georges St�veny d�veloppa et enseigna une th�ologie qui �cartait la notion de cr�ation ex nihilo. Voici ce qu�il d�clare : 

La r�alit� ne peut �tre tir�e du n�ant. Il y a une contradiction d�ordre m�taphysique dans l�affirmation d�un n�ant absolu � c�t� d�un Dieu absolu. On n�est pas plus autoris� � affirmer le n�ant qu�� crier de l�int�rieur � celui qui frappe � la porte : � Il n�y a personne ! ï¿½ [9]

 A la place de la cr�ation ex nihilo, Georges St�veny proposa une conception de la cr�ation de l�homme par gestation en Dieu lui-m�me. Ecoutons-le donc : 

L�ap�tre Paul affirme que c�est de Dieu que sont toutes choses. (Romains 11 : 36.) Ex autou, hors de lui ! Et ailleurs : � Car en lui (Christ) ont �t� cr��es toutes les choses qui sont dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles. ï¿½ (Colossiens 1 : 16.) Nous avons coutume de consid�rer le Christ comme l�agent de la cr�ation. Cette id�e est exprim�e par la pr�position dia, par, gr�ce �. Mais une autre id�e, plus complexe assur�ment, et sans doute aussi plus belle et plus profonde, me para�t contenue dans la pr�position ï¿½ en ï¿½, dans. Une table est fabriqu�e par le menuisier, mais un enfant est con�u dans sa m�re. Quelle diff�rence ! Tout le myst�re est l�. L�enfant est distinct de sa m�re, et pourtant form� en elle. La m�re demeure int�gralement elle-m�me, bien qu�ayant donn� naissance � un autre �tre semblable � elle. Inexplicable mais quotidienne v�rit�. Seule image assez riche pour ne point trop d�figurer la merveilleuse notion biblique de cr�ation. Toutes les autres restent en de�� de la v�rit� essentielle.[10]

 IV
Critique ex�g�tique

Dans son Commentaire de l�Ep�tre aux Colossiens, Norbert Huged� (1932-2003) fait la remarque suivante � propos d�un des versets-cl�s utilis�s par Georges St�veny (Col. 1 : 16) : 

A la formule : � parce que tous les �tres ont �t� cr��s en lui ï¿½, comme � celle qui la d�veloppe plus loin en 16c : � tout a �t� cr�� en fonction de lui et pour lui ï¿½, nous avons trouv� tr�s nettement une origine biblique. De m�me que c�est apparem-ment en fonction d�Adam, et pour lui, que le monde a �t� cr��, c�est en fonction du Christ, second Adam, l�antitype, et pour lui, que la seconde cr�ation a �t� faite. Ce rapprochement avec le livre de la Gen�se nous garde de voir au d�part de ces expressions l��cho de pr�occupations hell�nistiques [�] [11]  

 Ainsi, Norbert Huged� avait choisi d��couter la voix venant de J�rusalem plut�t que celle venant d�Alexandrie. Courageux acte de foi, que d�autres h�sitent parfois � oser et � poser. 

Il arrive fr�quemment, en effet, que les termes employ�s par le Nouveau Testament [�] recouvrent [�] ceux des religions hell�nistiques de la m�me p�riode. L��tudiant qui aborde pour la premi�re fois les textes du Nouveau Testament est g�n�ralement choqu� de constater que le Nouveau Testament n�a pas le monopole de certains termes qui sont pourtant fondamentaux.[12] 

Enrique Treiyer (�1950) ne craint pas de contredire certains ex�g�tes qui se laissent s�duire par les sir�nes de la religiosit� hell�nistique : 

Contrairement � l�avis de certains commentateurs, la terminologie spatiale de Colossiens ne r�sulte pas d�une hell�nisation de la th�ologie. Il est vrai que nous d�couvrons ici et l� une assise commune � certains concepts de l�hell�nisme, concepts bien pr�sents dans le juda�sme h�t�rodoxe. Mais l�auteur de Colossiens ne s�engage pas dans ces voies.[13]

 En consultant les dictionnaires et lexiques grecs � la pr�position ��n�, on trouve, parmi d�autres, les sens suivants : en, dans, parmi, au milieu de, pr�s de. Il faut se garder de fonder ou de rejeter une doctrine � partir de l�un de ces sens possibles. C�est l�ensemble du message biblique qui est d�terminant. 

En tout cas, cette petite pr�position ��n� ne doit pas �tre prise dans un sens qui implique la fusion du divin et de l�humain ch�re � la mythologie grecque. Par exemple, l�expression �  Christ en vous ï¿½ [Col. 1 : 27]  doit �tre comprise comme signifiant � Christ parmi vous ï¿½, c�est-�-dire � l�oeuvre dans l�Eglise par son Esprit.[14] � Christ en moi ï¿½ [Gal. 2 : 20] signifie ma soumission en tant que chr�tien � la pens�e de Christ, soumission qui n�est, h�las, jamais sans faille.  

Tous ces versets trouvent leur cl� dans l�affirmation que voici : � Demeurez en moi [= en communion avec moi], et je demeurerai en vous [= parmi vous]. ï¿½ [Jean 15 : 4.] J�sus pr�cise sa pens�e trois versets plus loin, en recourant au m�me h�bra�sme : � Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accord�. ï¿½ [v. 7.] Manifestement, � que nous demeurions en J�sus ï¿½ et � que les paroles de J�sus demeurent en nous ï¿½ sont deux mani�res compl�mentaires d�exprimer la m�me r�alit�. 

Revenons bri�vement � Col. 1 : 16. � En lui ont �t� cr��es toutes choses. ï¿½ Puisque �pr�s de� est l�un des sens possibles de ��n�, pourquoi ne pas traduire tout simplement : � Pr�s de lui [c�est-�-dire sous sa garde, sous sa protection] ont �t� cr��es toutes choses. ï¿½ Cette id�e de seigneurie protectrice de Dieu, la providence, a l�avantage d��tre attest�e abondamment dans l�Ecriture, en particulier dans les Psaumes [Ps. 36 : 8; Ps. 37 : 39; Ps. 62 : 8; Ps. 63 : 8; etc.]. Elle confirme et amplifie l�inter-pr�tation de Norbert Huged�. 

Quant � la m�taphore de la femme enceinte - utilis�e par Georges St�veny pour rendre compte du d�veloppement de l�univers dans le sein m�me de J�sus - elle se trouve sous diverses formes dans les mythologies. Il en existe une survivance dans l�expression : � Il se croit sorti de la cuisse de Jupiter ï¿½ (pour souligner l�extr�me vanit� de quelqu�un).

V
La participation de l�homme au divin 
: projet de th�se

Dans la biographie de leur p�re, les fils et la fille de Georges St�veny font �tat de la mise en chantier d�une vaste recherche qui aurait d� aboutir au magnum opus de l�auteur.  

Il travaille en parall�le � une th�se de doctorat. En effet, l�universit� de Lausanne accepte son projet de th�se de doctorat en th�ologie sur � la participation de l�homme au divin ï¿½ sous la direction de Pierre Bonnard, sp�cialiste du Nouveau Testament. Georges ne pourra malheureusement pas mener ce projet � terme, � son grand regret. Car en 1970, il est appel� � la direction du S�minaire, t�che qui ne lui laissera pas le loisir de poursuivre ses recherches dans les biblioth�ques universitaires.[15] 

Georges St�veny parlait volontiers de son projet, qui �tait donc de notori�t� publique d�s le d�but des ann�es 60. Environ dix ans s��coul�rent entre sa premi�re entrevue avec le professeur Pierre Bonnard [16] et sa nomination � la pr�sidence du S�minaire adventiste de Collonges-sous-Sal�ve. L�argument par le brusque surcro�t d�activit�s pour expliquer l�abandon du projet de th�se est donc peu cr�dible. 

De plus, Georges St�veny �tait renomm� pour son �norme capacit� de travail. D�autres pasteurs et professeurs adventistes ont � sans �tre d�charg�s de leur mission � obtenu un doctorat. On pense, par exemple, � Pierre Lanar�s, qui mena � bien ses recherches tout en assumant la responsabilit� de la direction du s�minaire. 

On ne peut s�emp�cher de conclure que la cause de cet abandon de projet de th�se est autre. 

Dans les archives de Georges St�veny � qui ont d� �tre pr�cieusement conserv�es � il doit y avoir un dossier concernant ce projet de th�se. Georges St�veny y a d�ailleurs ult�rieurement puis� des pages qu�il a introduites dans ses livres. Par exemple, le fac-simil� d�un manuscrit en langue grecque d�couvert en Egypte, et dont l�original se trouve � la Biblioth�que Bodmer de Gen�ve.[17] 

Ce dossier doit �galement contenir l��change �pistolaire entre Georges St�veny, pasteur � Bruxelles jusqu�en 1967, et son directeur de th�se � Lausanne.
On imagine sans peine la r�action �tonn�e du protestant Pierre Bonnard � la lecture de certaines pages que Georges St�veny n�a pas manqu� de lui soumettre. 

Et on voit mal Georges St�veny accepter d�infl�chir sa pens�e dans le domaine de la participation de l�homme au divin

Ceci expliquerait son abandon du projet bien mieux qu�une surcharge de travail � partir de 1970.
Il serait �videmment fort int�ressant de lire la lettre de Pierre Bonnard qui aurait pu amener Georges St�veny � la d�cision d��crire plus tard, sans contrainte, en toute libert�. Le double d�un tel courrier se trouve probablement dans les archives de la Facult� de th�ologie de l�Universit� de Lausanne. 

Il est �tonnant que Georges St�veny ait tent� de ressusciter une doctrine combattue victorieusement dans leurs �crits contre les h�r�sies de leur temps par plusieurs p�res de l�Eglise des IIe et IIIe si�cles, tels Tertullien, Ir�n�e, Justin et Hippolyte.

VI
Georges St�veny et Alfred Vaucher
 

Dans le long passage reproduit au chapitre III [p.  6-7], Georges St�veny a repris des �l�ments d�un texte de huit pages qu�il avait introduit en 1987, sous son nom, dans la 4e �dition de L�histoire du salut d�Alfred Vaucher. Il avait en effet accept� d�assurer la mise � jour de ce manuel pour le 100e anniversaire du professeur auquel il devait son premier poste d�enseignement.[18]

La 13e le�on porte comme titre : � La cr�ation de l�univers ï¿½, suivi de la pr�cision que voici : � Le�on r�dig�e par Georges St�veny ï¿½. 

Alfred Vaucher avait d�abord offert � un professeur francophone d�une universit� adventiste des USA de se charger de ce travail, mais celui-ci s��tait r�cus�, pr�textant �tre d�bord� par les activit�s li�es � son enseignement. A des amis collongeois,[19] cet Am�ricain d�adoption confia que le manuel d�Alfred Vaucher, tout utile qu�il avait pu �tre comme support du cours de son auteur, �tait d�pass�, car il se fondait sur la proof-text method [un unique verset, cit� hors de son contexte, pour �tablir un point de doctrine], compl�t�e par une ou deux courtes citations pour tenter de prouver que certains auteurs non adventistes pensaient comme nous. Ce n�est �videmment pas ainsi que l�on fait de la dogmatique s�rieuse. 

Le but �tait certes louable. Alfred Vaucher fut l�un des rares adventistes de son temps � montrer � ses coreligionnaires que les fondements de leur foi �taient communs � tous les chr�tiens. Y compris la cr�ation ex nihilo 

Dans l�extrait que voici, tir� de cette fameuse � le�on 13 ï¿½, Georges St�veny commence par une r�flexion sur H�b. 11 : 3. 

Dire que ce n�est pas de � ce qui se manifeste aux sens ï¿½ qu�est issu le � visible ï¿½, n�est-ce pas insinuer que le r�el visible est issu de l�invisible ? De l�invisible, mais pas du n�ant ! D�autres textes autorisent cette interpr�tation. � C�est de lui que sont toutes choses ï¿½, � ex autou ï¿½, � hors de Dieu ï¿½ ! (Rom. 11 : 36) � � Car en lui (Christ) ont �t� cr��es toutes les choses qui sont dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles ï¿½ (Col. 1 : 16). Nous avons coutume de consid�rer le Christ comme l�ex�cuteur du plan de Dieu, � la cr�ation. Cette id�e est exprim�e par la pr�position � par ï¿½. Mais une autre id�e, plus profonde, me para�t contenue dans la pr�position � en ï¿½. Un enfant est engendr� par ses parents, mais en sa m�re. Tout le myst�re est l�. L�enfant est distinct de sa m�re, bien qu�ayant donn� naissance � un autre �tre, semblable � elle. Inexplicable, mais quotidienne v�rit�. Seule image assez riche pour ne point trop d�figurer la notion biblique de cr�ation. Toutes les autres restent en de�a de la v�rit�. Or, nous sommes rigoureusement fid�les aux textes : � Dieu cr�a l�homme � son image ï¿½ (Gen. 1 : 27) � � Adam fils de Dieu ï¿½ (Luc 3 : 38). Cf. Gen. 2 : 7 et J�r. 1 : 5, o� le m�me verbe � former ï¿½ est employ� dans l�original. [�]

De ce point de vue, le prologue de l��vangile selon Jean est des plus int�ressants. En voici une traduction litt�rale : � Toutes choses existent par son interm�diaire, et sans lui rien n�existe ; ce qui existe �tait vie en lui, et la vie �tait la lumi�re des hommes. ï¿½ (Jean 1 : 3, 4.) Plusieurs traductions r�centes (J�rusalem, Maredsous) adoptent cette lecture. Elle a le m�rite de mettre en valeur un aspect inattendu de l�intervention du Christ dans la cr�ation. Les hommes sont unis au Christ par un lien ontologique. La vie ne peut venir que de la vie. L��tre ne peut provenir que de l�Etre. Croire que Dieu a tir� la vie du n�ant, c�est faire du n�ant un autre Dieu et retrouver le dualisme. En fait, la vie vient de Dieu, par Christ, en Christ et pour Christ. M�diation, d�j� ! [20] 

Dans l�avant-derni�re �dition de son livre, dat�e de 1951, donc � une �poque o�, en pleine possession de ses moyens, il n�avait pas �prouv� le besoin de se faire aider - voire remplacer - Alfred Vaucher avait nomm�ment affirm� la cr�ation ex nihilo,[21] et, pour bien se faire comprendre de ses �tudiants adventistes ignorant le latin, avait m�me traduit : 

[�] la Bible con�oit Dieu comme cr�ant l�univers de rien.[22]  

Il n�y a aucune raison de supposer qu�en atteignant sa centi�me ann�e Alfred Vaucher avait perdu la foi dans la cr�ation ex nihilo, qu�il avait enseign�e avec force et conviction pendant toute sa carri�re.  

Rendons donc hommage � l�honn�tet� intellectuelle de Georges St�veny, qui n�a pas tent� de pr�senter son avis personnel concernant la cr�ation comme �tant celui d�Alfred Vaucher, mais l�a fait figurer sous son propre nom.

VII
Risque de panth�isme ?
 

Georges St�veny affirme donc que la vie des hommes vient de l�Etre de Dieu. Il raisonne � partir de l�affirmation que voici, qui ne se trouve d�ailleurs pas dans la Bible.

                            La vie ne peut venir que de la vie.[23] 

Pour le croyant, ceci pourrait � la rigueur signifier qu�une intelligence sup�rieure a tir� les �tres vivants du non-�tre. Mais le principe trouve sa limite dans la constatation que la vie de Dieu ne vient pas d�une autre vie. Pour sa part, le savant ath�e, qui con�oit que les formes de vie d�aujourd�hui d�rivent de formes de vie ant�rieures, attest�es par les fossiles, applique rigoureusement le m�me principe philosophique. Mais il bute sur la question de la premi�re cellule vivante, qu�il pr�tend �tre issue spontan�ment de la mati�re inerte. Aussi bien le croyant que le savant ath�e sont ainsi oblig�s de d�roger au principe, qui n�est donc qu�un axiome inop�rant, inutile et incertain. 

Tr�s curieusement, Georges St�veny se d�fend par anticipation d�avoir enseign� une forme de panth�isme. Il a ainsi recours � une redoutable figure de pol�mique, la prolepse. Georges St�veny ayant repouss� l�accusation avant m�me que quelqu�un ne la formule, qui oserait y revenir ?  

J�entends d�j� protester au nom du panth�isme que la Bible tout enti�re r�voque. Ne nous pressons pas. Le rapport dont je parle est diff�rent et d�ment affirm� par les d�clarations les plus solennelles de l�Evangile. Quand Paul �crit : � Ce n�est plus moi qui vis, mais c�est le Christ qui vit en moi ï¿½ (Galates 2 : 20), est-ce du panth�isme ? Ou quand il �crit aux Eph�siens que nous devons �tre � remplis jusqu�� toute la pl�nitude de Dieu ï¿½ (3 : 19), est-ce du panth�isme ? Certes non. C�est l�adorable � myst�re dans lequel sont cach�s tous les tr�sors de la sagesse et de la science ï¿½. (Colossiens 2 : 3.) [24]  

Pla�ons Gal. 2 : 20 dans son contexte :  � Ce n'est plus moi qui vis, mais c'est le Christ qui vit en moi, et si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu ï¿½. Ou encore, quand Paul �crit aux Eph�siens que nous devons �tre � remplis jusqu�� toute la pl�nitude de Dieu ï¿½ (Eph. 3 : 19), pourquoi ne pas citer �galement le verset 17 : � que le Christ habite dans vos c�urs par la foi ï¿½ ? Et enfin, r�tablissons la troisi�me citation dans son int�gralit� : C�est l�adorable � myst�re dans lequel sont cach�s tous les tr�sors de la sagesse et de la science ï¿½ (Col. 2 : 3). Le verset pr�c�dent avait pr�cis� : � myst�re de Dieu, qui est le Christ� CONCLUSION : la r�alit� de la pl�nitude de Dieu est en Christ, et nous sommes convi�s � avoir foi en cette r�alit�-l�.   

En fait, la pens�e de Georges St�veny n�a g�n�ralement pas les caract�ristiques du panth�isme, mais plut�t celles du gnosticisme. En effet, il affirme et r�p�te que, de par son origine en la personne du Christ, seul l��tre humain poss�de un �l�ment divin quelque part en sa personne - et non pas l�ensemble de la cr�ation comme chez les panth�istes. 

La noblesse de l�homme est d�avoir �t� cr�� participant de la nature divine.[25]  

En fait Dieu a cr�� un cr�ateur. Tel est le sens cach� du r�cit de la Gen�se (1.26) : � Dieu dit : faisons l�homme � notre image, selon notre ressemblance. ï¿½ [�] L�image est plus qu�une simple repr�sentation du mod�le. Elle contient comme une projection de son essence. Elle est comme le fils par rapport � son p�re. � Adam, fils de Dieu. ï¿½ (Luc 3.38.) Elle en porte la puissance.[26]  

Et pourtant, dans la citation qui vient, Georges St�veny flirte manifestement avec ce qu�il d�sapprouve :  

Le Christ de Dieu se donne dans la cr�ation. Il est la vie de tout ce qui vit, l��tre de tous les �tres. Il est la substance cach�e des choses, si diff�rente des apparences, profond�ment pr�sente au c�ur de tout ce qui vit [�] [27]  

D�s que l�on affirme que non seulement l�homme mais encore tous les �tres vivants - donc les animaux et les plantes - ainsi que les choses inertes contiennent une � substance cach�e ï¿½ qui est le Christ lui-m�me on est dans la logique du panth�isme.

Ceci illustre que l�on tombe facilement du gnosticisme dans le pi�ge du panth�isme. Les deux doctrines sont s�urs jumelles.  

VIII
Le p�ch� et la chute dans la pens�e de Georges St�veny
 

Pourtant, cette � substance cach�e ï¿½ mise en l�homme par Dieu a �t� gravement affect�e par la chute et le p�ch�. Ceci pose le probl�me de savoir comment la substance divine, en principe �ternelle, inalt�rable et � sans ombre de variation ï¿½ [Jacq. 1 : 17], ait pu subir une telle d�t�rioration. Cette perte d��tre, Georges St�veny l�appellera dans un autre texte � la fragilit� de Dieu ï¿½.[28] Mais commen�ons par la fragilit� de  l�homme : 

Le p�ch� qui a produit la chute originelle ne peut pas �tre compris uniquement sur le plan moral. Oserai-je dire qu�il est ontologique ? Je sugg�re de comprendre qu�il modifie la nature m�me de l��tre humain. Comment cela ?  Question difficile ! Disons-le tr�s simplement. Sorti des mains du cr�ateur, l�homme, avant la chute, n��tait pas r�ellement s�par� de Dieu. Un lien invisible, mais authentique et vital, le reliait au Seigneur. L�esprit humain restait naturellement en contact avec l�Esprit divin. Comme un f�tus est reli� � sa m�re par le cordon ombilical ! Ou, si l�on pr�f�re, comme un trolleybus est en relation avec la source d��lectricit�, gr�ce � son trolley. On sait  ce qu�il advient quand le contact est rompu. Or, � la chute, une rupture de ce genre s�est produite. Expuls�s du jardin, Adam et Eve ont cess� d�entretenir avec Dieu une communion spontan�e. Leur nature intime a �t� affect�e par le p�ch�. Et le privil�ge dont ils jouissaient en vertu de leur innocence ne pouvait plus �tre transmis � leur descendance. D�sormais, la vie transmise est hypoth�qu�e : elle s��coule vers la mort. Tout nouveau-n� est un condamn� � mort en sursis. L�homme acc�de � l�existence, s�par� de Dieu, sans lequel il ne peut vivre. Pour r�tablir la communion, il doit passer par la conversion. Conversion qui implique une nouvelle naissance. Le p�ch� affecte sa nature : c�est une maladie mortelle. La conversion r�tablit sa nature initiale : c�est la gu�rison �ternelle.[29]  

Ni la comparaison avec le cordon ombilical ni celle avec le trolley d�un trolleybus n�ont leurs �quivalents dans la Bible, qui pourtant offre de nombreuses m�taphores et paraboles pour faire comprendre la situation d�sesp�r�e du p�cheur.

La brebis �gar�e, toute fourvoy�e qu�elle est, n�a pas chang� de nature ; elle est toujours autant brebis que ses quatre-vingt-dix-neuf soeurs fid�lement rest�es dans la bergerie ; elle ne s�est pas m�tamorphos�e en une nouvelle esp�ce d�animal. Le m�tal de la drachme perdue est toujours le m�me que celui des neuf pi�ces que la m�nag�re a pr�cieusement rang�es, et elle n�a rien perdu de sa valeur nominale : elle vaut toujours une drachme. Le fils prodigue, �gar� au milieu des pourceaux, est demeur� un �tre humain � part enti�re ; il n�est pas devenu une sorte de monstre mi-homme, mi-cochon. Et Karl Barth de conclure : 

  [�] m�me en �tant [�] un esclave notoire du p�ch�, l�homme ne cesse pas pour autant d��tre une bonne cr�ature de Dieu.[30] 

Ceci constitue un des arguments majeurs contre la torture et la peine de mort. Le pire des criminels doit encore �tre respect� comme une bonne cr�ature de Dieu.

IX
Le croyant est-il incarnation de Dieu ?
 

Georges St�veny esquisse le processus de r�habilitation de l�homme en ces termes :

En nous unissant au Christ par la foi-adh�rence, nous retrouvons aussi, d�une mani�re surnaturelle, le lien avec Dieu. Le cordon ombilical est reconstitu�.[31]  

D�un livre � l�autre, on retrouve donc cette m�taphore obs�dante du cordon ombilical. Comme l�ap�tre Paul affirme que nous sommes enfants de Dieu par adoption [Rom. 8 : 15 ;  Eph. 1 : 5 ; Gal. 4 : 5 ; etc.], et non par engendrement, la notion de cordon ombilical est inadapt�e au propos. Mais poursuivons notre lecture.   

Quand l�humanit� est lib�r�e de toute contrainte et de toute limite, elle s�ouvre pleinement � la divinit�.[32]  

En devenant pleinement homme, pleinement enfant de Dieu dans la libert� reconquise, on acquiert pleinement la participation � la nature divine.[33]  

Mais il nous revient la possibilit� de tendre avec enthousiasme vers cette ultime r�alisation. L�homme est appel� � devenir incarnation de Dieu.[34] 

Oui, ch�re lectrice, cher lecteur, vous avez bien lu : � incarnation de Dieu ï¿½. 

Nous invitons le lecteur � �tre particuli�rement attentif � la d�claration qui suit. 

En cr�ant, Dieu pousse les �tres au long d�une courbe immense dont le d�ploiement circulaire peut tout ramener � lui. Un jour, bient�t, � la parousie du Seigneur, lorsque toutes choses auront �t� soumises � Dieu, Dieu sera tout en tous      (1 Corinthiens 15 : 28). Ce sera la consommation de tous les �tres en Dieu. Alors, la fragilit� de Dieu dispara�tra.[35]  

Cette vaste � courbe ï¿½ sur laquelle Dieu � pousse ï¿½ (sic) les �tres humains issus de lui, pour finalement les � ramener ï¿½ au point de d�part et les recueillir en lui-m�me, est caract�ristique de la pens�e gnostique telle que l�h�r�siarque Valentin (� v. 160) l�enseignait d�j� dans les �glises d�Alexandrie et de Rome. Ce voyage d�ampleur cosmique est magistralement r�sum� par le professeur Hans Lietzmann (1875-1942), sp�cialiste de l�histoire de l�Eglise et de la gnose. 

Le drame qui, selon Valentin, se joue dans le pleroma nous r�v�le tr�s clairement le sens de la Divine Com�die de la r�demption. C�est le d�ploiement par lequel la divinit� prend conscience d�elle-m�me. Toute g�n�ration r�sulte [n�cessai-rement] de la nature divine elle-m�me et m�ne de l�unit� � la multiplicit�, � la diff�rentiation et � la diversit� sans cesse croissantes, [donc] � la d�gradation continuelle de la d�it�. Mais, [tout aussi n�cessairement], le divin qui a trouv� dans l�homme une de ses formes retourne � sa source premi�re, att�nue graduellement les diff�rences et se dissout finalement dans le grand Tout, dans la pl�nitude de la divinit� qui n�est plus ni individuelle ni personnelle, mais qui est au-dessus de toute forme et de toute d�termination.[36]  

Par quel raisonnement Georges St�veny en est-il venu � affirmer la � fragilit� de Dieu ï¿½, comme Valentin et d�autres gnostiques ? C�est tout simple : � force d�utiliser sa substance pour l�injecter dans les �tres qu�il cr�e, Dieu a fini par entamer son capital vital au point de se trouver bien affaibli. Les gnostiques nous invitent � le prendre en piti� et � nous pr�cipiter � son secours. Ce n�est pas Dieu qui sauve les hommes, mais au contraire les hommes qui doivent assurer le salut de Dieu en unissant la somme de leurs parcelles divines � son �tre �grotant. Alors, comme le dit Georges St�veny, � la fragilit� de Dieu dispara�tra�. Car� 

L�homme a un immense pouvoir sur Dieu. En cela r�side le caract�re sacr� de sa destin�e. Il engage le destin de Dieu.[37]

Le mot � Dieu ï¿½ pourrait n��tre qu�un mot vide. Ce qui lui donne un sens, c�est la clart� de notre vision, le contenu de notre adoration, la qualit� de notre ob�issance, le s�rieux de notre r�flexion.[38] 

On finit par se demander qui cr�e qui. 

Est-il d�s lors �tonnant que notre auteur ait combattu la doctrine de la substitution ? [39] Dans la perspective gnostique celle-ci n�a aucun sens. Comment un Dieu �puis� par son �uvre cr�atrice pourrait-il se substituer � des hommes collectivement bien plus puissants que lui ?  

Des �tres qui sont certains de poss�der un �l�ment divin en eux-m�mes pourraient-ils accepter qu�un autre �tre divin � fragile de surcro�t - se substitue � eux pour leur assurer le salut ?  

Mais alors, dans cette perspective, quel est le r�le de J�sus ? et l�utilit� de son sacrifice � la croix ? 

Selon W. A. Visser �t Hooft, le tout premier secr�taire g�n�ral du Conseil �cum�nique des Eglises, J�sus est r�duit, dans la pens�e gnostique, � la fonction d�

agent lib�rateur de l��tincelle divine qui est en l�homme.[40]  

Pour le gnostique, J�sus ne jouerait donc qu�un r�le d�allumeur de r�verb�res. 

D�s lors, comment faut-il comprendre que Dieu, malgr� son extr�me d�gradation, soit paradoxalement appel� le Tout-Puissant dans l�Ecriture ? Georges St�veny a vu le probl�me et l�a r�solu de la mani�re suivante :   

Tout est possible � Dieu en ce sens qu�on ne sait jamais jusqu�o� peut aller l�action de l�Esprit quand elle trouve un organe appropri�. C�est encore plus vrai, �videmment, dans l�Apocalypse. Le Pantocrat�r [Tout-Puissant en grec] peut promettre, car il poss�de la vertu de r�aliser ses promesses avec � le reste ï¿½ qui l�accueille. L�actualisation de la toute-puissance est projet�e dans l�avenir.[41] 

� Organe appropri� ï¿½ est de toute �vidence synonyme de � cordon ombilical ï¿½. Le Saint-Esprit ne peut donc intervenir, d�apr�s Georges St�veny, qu�en passant par des �tres humains reli�s ontologiquement � Dieu. La souveraine libert� d�action de Dieu ne serait en fait que chim�re.  

Le � reste qui l�accueille ï¿½ est une collectivit� eccl�siale eschatologique de saints dont Dieu attend patiemment la constitution pour enfin pouvoir accomplir son �uvre dans l�histoire. L�Eglise ne d�pendrait pas de la toute-puissance de Dieu, mais Dieu serait soumis au souverain bon vouloir de l�Eglise. Dieu est apparemment loin d�avoir atteint la toute-puissance ; celle-ci � est projet�e ï¿½ dans un avenir hypoth�tique, lorsque Dieu sera uni � ses cr�atures par � un organe appropri� ï¿½.  

Et voici, selon Georges St�veny, comment fonctionne un chr�tien qui a fusionn� avec Dieu :  

Pour imiter un grand artiste, il faut poss�der son g�nie. De m�me, pour ressembler au Christ, il faut �tre habit� par lui. Ce n�est pas sans raison que l�on a insist� sur une mystique de l��tre-en-Christ et de l�union avec Christ. Tel est le secret ! [42]  

Car il est impossible de distinguer entre le Christ et notre conscience. La voix myst�rieuse qui se fait entendre dans notre  for int�rieur se confond avec la voix du Christ. � La conscience [�] est le t�moin de Dieu dans l�homme, le juge divin et sans  appel, le ministre r�sidant, l��il et la lumi�re du corps (Luc 11 : 34-36), la boussole du navire. ï¿½ La voix du Christ en nous ! [43]  

Le mysticisme et le gnosticisme font �videmment bon m�nage. Le � cordon ombilical ï¿½, cet � organe appropri� ï¿½, permettrait donc une radicale identit� de la pens�e de l�homme et de la pens�e de Dieu !  

Mais �vitons de trop en dire � propos de cette ahurissante revendication. Il n�est cependant pas difficile d�entrevoir qu�elle risque de se r�v�ler redoutable pour l�entourage. Surtout pour ceux qui oseraient exprimer des points de vue diff�rents de celui qui se croit le d�positaire des id�es de J�sus-Christ.

X
Un cuisant aveu en guise de conclusion

Nous devrions nous souvenir de la mise en garde des r�formateurs, pour qui l�on ne peut entendre la voix de Dieu que dans le t�moignage de l�Ecriture [principe de Sola Scriptura], et surtout pas dans les caprices de nos consciences limit�es. Leur devise �tait : A la fois justes et p�cheurs ! Nous sommes en effet justes parce que graci�s par Dieu, mais ceci ne nous emp�che pas de confesser que nous sommes des p�cheurs, h�las capables de nous tromper et de faire le mal.

Dans l�ultime ouvrage publi� de son vivant, dans un moment de grande lucidit�, Georges St�veny, apr�s avoir bri�vement r�affirm� son perfectionnisme, doit reconna�tre que celui-ci n�a abouti � rien. 

Le privil�ge du chr�tien [�] consiste dans une transformation qui permet au caract�re du Christ de se manifester dans notre comportement au sein de la soci�t�. 

Un cuisant aveu nous oblige � convenir que cela ne se reconna�t pas dans les faits. [�] Dans la situation inextricable o� se trouve le monde, les chr�tiens seraient bien avis�s de se demander s�ils contribuent � la maladie du monde ou � sa gu�rison.[44]                                             

Cuisant aveu, en effet, venant apr�s un tel r�ve !  

Nous supposons que Georges St�veny s�estimait et se jugeait tout aussi coupable que les autres chr�tiens de la situation qu�il �voque.  

Car toute notre justice - et non pas notre injustice - est comme un v�tement souill�.[45] 

Souhaitons que la r�cente admission de l�Eglise adventiste au sein de la F�d�ra-tion protestante de France ait pour effet l�adoption sinc�re, au fond de nos c�urs, de ces quelques mots : A la fois justes et p�cheurs ! C�est la seule conception de l�homme qui soit compatible avec la doctrine de la cr�ation ex nihilo.  

POSTFACE  

Le pr�sent texte est une refonte d�une premi�re �dition. Elle fut envoy�e, sous un autre titre, � une cinquantaine de destinataires de neuf pays diff�rents. La moiti� d�entre eux nous ont fait parvenir leurs commentaires, leurs suggestions, leurs critiques.

Qu�ils soient ici chaleureusement remerci�s ! Il a �t� tenu compte de la plupart de ces apports, au demeurant fort avis�s. Un correspondant a propos� un changement de titre, pour des raisons fort convaincantes. Un autre nous a sugg�r� d�ajouter, par souci de clart�, une br�ve introduction permettant de bien situer le propos. D�autres ont fourni des renseignements dont la teneur �tait confidentielle jusqu�ici.

Certains ont demand� s�il y a des groupements religieux qui enseignent, comme Georges St�veny, que l��tre humain est issu de l�Etre de Dieu, et non pas du n�ant. Oui, bien s�r, et c�est l�une des raisons qui leur interdit l�admission dans la F�d�ration protestante de France, et m�me dans le Conseil �cum�nique des Eglises. Il s�agit notamment des Mormons. Notre entr�e dans la F�d�ration protestante de France est donc implicitement subordonn�e � notre rejet de toute th�ologie gnostique.

Un pasteur retrait� nous a demand� pourquoi nous ne laissions pas Georges St�veny respectueusement en paix dans le silence de la tombe. Le probl�me, c�est que sa th�ologie est non seulement pr�n�e du haut de certaines chaires, mais, de plus, exerce une censure de fait sur la doctrine de la substitution, qui n�ose plus s�exprimer en fran�ais qu�avec une pudeur extr�me. Et que dire du fait que Georges St�veny est publi� et diffus� par Vie & Sant�, la maison d��dition adventiste officielle de langue fran�aise ? La publication posthume d�un livre inachev� est d�ailleurs envisag�e.

Quelques lecteurs, troubl�s par ce que nous venions de leur r�v�ler, nous ont demand� si nous avions vraiment la certitude que Georges St�veny avait maintenu jusqu�au bout son rejet de la cr�ation ex nihilo et son affirmation que l�homme a �t� cr�� au sein m�me du Logos de Dieu. Nous serions des plus heureux d�apprendre que Georges St�veny ait regrett� cette double erreur, souvent r�p�t�e, et l�ait corrig�e. Si un manuscrit, une lettre par exemple, r�v�lait une telle volte-face sans la moindre ambigu�t�, il faudrait le publier au plus vite pour contrer l�influence des �crits existants.

On nous a demand� si l�all�gorie champ�tre du cep et des sarments [Jean 15 : 1-8]  ne confirmerait pas la r�alit� du cordon ombilical cens� nous relier ontologiquement � J�sus. Cette p�ricope fait partie des instructions que J�sus a donn�es � ses disciples pendant le repas pascal, quelques heures avant son arrestation. Georges St�veny occulte ce texte, et pour cause : la s�ve qui va du cep aux sarments repr�sente, selon Jean 15 : 7, les paroles de J�sus, dont les onze disciples furent convi�s � se nourrir pour porter des fruits.[46] Se couper de la source de la foi, aurait signifi� pour eux la mort spirituelle. R�f�rence � peine voil�e � Judas, qui venait de quitter la salle pour aller livrer le Seigneur. 

            Ce qui est vis�, c�est le risque de ne pas pers�v�rer dans la foi [�] [47] 

Quels sont ces fruits que les ap�tres furent invit�s � produire en se nourrissant des paroles de J�sus ? On pense bien s�r � la pr�dication de l�Evangile, � la fondation des premi�res Eglises, et enfin � la r�daction du Nouveau Testament, qui nous permet, � notre tour, de nous nourrir de l�enseignement de J�sus. Jean 15 : 1-8 ne concerne donc en aucune mani�re la pr�tendue cr�ation de l�homme dans le sein de J�sus, ni l�hypoth�tique suture du � cordon ombilical ï¿½ tranch� par la chute et le p�ch�. Georges St�veny utilise parfois les mots cep et sarments, de mani�re allusive, hors contexte, sans donner la r�f�rence de Jean 15.[48]

Un admirateur de Georges St�veny nous a reproch� de nous draper orgueilleusement dans la houppelande de l�orthodoxie. Il nous a demand� si nous avions vraiment la pr�tention d�avoir compris la doctrine de la cr�ation ex nihilo dont nous parlions. Evidemment, nous lui r�pondons que NON ! Qu�il soit donc rassur� : c�est par la foi que nous accueillons le t�moignage de l�Ecriture, que ce soit � propos de la trinit�, de l�incarnation, de la substitution, de la r�surrection, ou encore, bien s�r, de la cr�ation ex nihilo.

Si des conceptions h�t�rodoxes obtiennent droit de cit� dans notre Eglise � g�n�rosit� chr�tienne que nous ne contesterons pas - on ne nous contestera pas non plus le droit de d�fendre contre elles, par la plume, les enseignements fondamentaux de l�Eglise chr�tienne. M�me s�ils sont d�sesp�r�ment orthodoxes.

Trois responsables de l�Eglise se sont esquiv�s avec un sympathique sourire fraternel en nous disant chacun � tour de r�le : � Oh, vous savez, moi, je n�y connais rien en th�ologie ! ï¿½ 

Mais le probl�me de la th�ologie, � savoir la puret� du service � l�Eglise, c�est � l�Eglise dans son ensemble qu�il est pos�. Dans l�Eglise, il n�y a pas, en principe, de non-th�ologien. Le concept de � la�que ï¿½ est � coup s�r l�un des plus mauvais qu��voque la langue religieuse, un concept qui devrait tout simplement �tre ray� du vocabulaire chr�tien. Disons donc que ceux qui ne sont ni professeurs ni pasteurs [doivent veiller � ce] que la th�ologie de leurs pasteurs et de leurs professeurs soit une bonne th�ologie.[49]

 

BIBLIOGRAPHIE 

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BARTH Karl, Dogmatique, 4e vol., 1er tome **, trad. de l�allemand, Labor et Fides, 1966.  

Esquisse d�une dogmatique, trad. de l�allemand, Delachaux & Niestl� 1950. 

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CHOUCROUN I.-M., Le Juda�sme, doctrines et pr�ceptes, PUF 1951. 

ELLUL Jacques, La foi au prix du doute, Hachette 1980. 

HUGEDE Norbert, Commentaire de l�Ep�tre aux Colossiens, Labor et Fides 1968. 

LEON-DUFOUR Xavier, Lecture de l�Evangile selon Jean, 3e tome, Le Seuil 1993. 

LIETZMANN Hans, Histoire de l�Eglise ancienne, trad. de l�allemand, 1er vol., Payot 1936. 

RICOEUR Paul, Le mal, Labor et Fides 1996. 

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Le myst�re de la croix
, Vie & Sant� 1999.
J�sus, l�envoy� de Dieu : Pourquoi est-il venu ?
, Vie & Sant� 2001.
� La fragilit� de Dieu ï¿½, in De l�anthropologie � la christologie : M�langes offerts � Jean Zurcher, Facult� adventiste de th�ologie, Collonges-sous-Sal�ve 1998.
� La cr�ation de l�univers ï¿½, in VAUCHER Alfred, L�histoire du salut, 4e �dition, Vie & Sant� 1987.
Portraits de J�sus-Christ
, texte de cinq conf�rences donn�es entre 1960 et 1967 aux Beaux-Arts (Bruxelles), �dition dactylographi�e, sans indication de date pr�cise.

STEVENY Kohlia, Muriel et Christian, � Biographie de Georges St�veny ï¿½, in Autour de la croix : confrontations et conciliations � m�langes offerts � Georges St�veny, Facult� adventiste de th�ologie, Collonges-sous-Sal�ve 2003. 

TREIYER Enrique, La r�surrection re�ue et attendue : l�eschatologie de l��p�tre aux  Colossiens dans l�eschatologie paulinienne, th�se de doctorat, Universit� de  Louvain 1993. Voir r�sum� ï¿½ http://www.teco.ucl.ac.be/recherche/doctorat/defenses/resumes.htm#Treiyer92 

VAUCHER Alfred,
L�histoire du salut
, 3e �dition, Signes des temps 1951.
L�histoire du salut
, 4e �dition, revue et augment�e par G. St�veny, Vie & Sant� 1987. 

VISSER �t HOOFT W. A., L�Eglise face au syncr�tisme, trad. de l�anglais, Labor et Fides 1964. 

Ouvrage collectif : Ce que croient les adventistes : 27 v�rit�s fondamentales, trad. de l�am�ricain, Vie & Sant� 2001. 

 

                                                           TABLE

Introduction
I.     La cr�ation ex nihilo
II.    Le Big Bang : parall�le scientifique de la cr�ation ex nihilo ?
III.   La conception de la cr�ation dans la pens�e de Georges St�veny
IV.   Critique ex�g�tique
V.    La participation de l�homme au divin :  projet de th�se

VI.   Georges St�veny et Alfred Vaucher
VII.  Risque de panth�isme ?
VIII. Le p�ch� et la chute dans la pens�e de Georges St�veny
IX.    Le croyant est-il incarnation de Dieu ?
X.     Un cuisant aveu en guise de conclusion
POSTFACE
BIBLIOGRAPHIE                                    

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[1]  Ce que croient les adventistes : 27 v�rit�s bibliques fondamentales, p. 78.

[2]  K. Barth, Esquisse d�une dogmatique, p. 52.

[3]  Saint Augustin, Confessions, livre XII, 7.

[4]  I.-M. Choucroun, Le Juda�sme, doctrines et  pr�ceptes, p. 27.

 

[5]  P. Ricoeur, Le mal, p. 23-24.

[6]  Lire � ce sujet : Jacques Ellul, � Croire en la mort ï¿½, in La foi au prix du doute, p. 73-80.

[7]  P. Ricoeur, op. cit., p. 35.

[8]  Saint Augustin, Confessions, Livre XI, 15.                                

[9]  G. St�veny, � La cr�ation de l�univers ï¿½, in A. Vaucher, L�histoire du salut, 4e �dition, p. 84.

[10]  G. St�veny, A la d�couverte du Christ, p. 76.

 

[11]  N. Huged�, Commentaire de l�Ep�tre aux Colossiens, p. 58.

[12] W. A. Visser �t Hooft, L�Eglise face au syncr�tisme, p. 80.

[13]  E. Treiyer, La r�surrection re�ue et attendue, p. 306.

[14]  Voir l�excellente analyse de N. Huged�, op. cit., p. 95.

[15]  K., M. et C. St�veny, � Biographie de Georges St�veny ï¿½, in M�langes offerts � Georges

     St�veny, p. 13-14.

[16]  Pierre Bonnard [1911-2003], auteur de L'�vangile selon Saint Matthieu, Labor et Fides, r��dit� en 2002.

[17]  G. St�veny, A la d�couverte du Christ, p. 74-75.

[18]  G. St�veny, � La cr�ation de l�univers ï¿½, in A. Vaucher, L�histoire du salut, 4e �dition, p. 79 � 86.

[19]  Ceux-ci nous ont demand� ne pas publier le nom de ce professeur.

[20]  G. St�veny, �La cr�ation de l�univers�, in A. Vaucher, L�histoire du salut, 4e �dition, p. 84-85.

[21]  A. Vaucher, L�histoire du salut, 3e �dition, p. 63.

[22]  Idem, p. 66.

[23]  G. St�veny, � La cr�ation de l�univers ï¿½, in A. Vaucher, L�histoire du salut, 4e �dition, p. 85.

[24]  G. St�veny, A la d�couverte du Christ, p. 77.

[25]  G. St�veny, Le myst�re de la croix, p. 45.

[26]  G. St�veny, � La fragilit� de Dieu ï¿½, p. 27.

[27]  G. St�veny, � J�sus le serviteur de l�Eternel ï¿½, in Portraits de J�sus-Christ, texte de cinq conf�rences donn�es

    aux Beaux-Arts (pendant son minist�re pastoral � Bruxelles de 1960 � 1967), �dition dactylographi�e, sans 

    indication de date pr�cise, p. 18.

 

[28]  G. St�veny, �La fragilit� de Dieu�, in De l�anthopologie � la christologie : M�langes offerts � Jean Zurcher.

[29] G. St�veny, Le myt�re de la croix, p. 48-49.

[30]  K. Barth, Dogmatique, IV/1**, p. 50.  

[31]  G. St�veny, A la d�couverte du Christ, p. 297.

[32]  G. St�veny, � La fragilit� de Dieu ï¿½, p. 50.

[33]  Idem, p. 51.

[34]  G. St�veny, � La fragilit� de Dieu ï¿½, p. 51.

[35]  Id., p. 29.

[36]  H. Lietzmann, Histoire de l�Eglise ancienne, 1er volume, p. 315-316 - am�liorations de traduction propos�es.

[37]  G. St�veny, � La fragilit� de Dieu ï¿½, p. 50.

[38]  Id., p. 36.

[39]  Voir par exemple : Le myst�re de la croix, p. 25-36 ; J�sus l�envoy� de Dieu, p. 186-189.

[40]  W. A. Visser �t Hooft, L�Eglise face au syncr�tisme, p. 26.

[41]  G. St�veny, � La fragilit� de Dieu ï¿½, p. 26.

[42]  G. St�veny, Le myst�re de la croix, p. 257.

[43]  G. St�veny, A la d�couverte du Christ, p. 362 � La citation que G. St�veny a ench�ss�e dans son texte, pour   

    amplifier sa propre position, est de Gustave Tophel, pi�tiste suisse (1839�1917).

 

[44]  G. St�veny, J�sus l�envoy� de Dieu, p. 205.

[45]  Esa�e 64 : 5.

[46]  Pour une excellente interpr�tation non gnostique de Jean 15, voir Xavier L�on-Dufour, Lecture de

    l�Evangile selon Jean, Tome III, p. 155-173.

[47]  Idem, p. 170.

[48]  Par exemple, voir G. St�veny, Le myst�re de la croix, p. 216 et 270.

[49]  Karl Barth, R�v�lation Eglise Th�ologie, p. 54 � avec de mineures corrections de style et de ponctuation.